DÉCOUVREZ LES ATELIERS

 

L’hyperglycémie en début de grossesse: en fait-on trop ou pas assez ?

avec Emmanuel Cosson et Anne Vambergue

Mercredi 21 Mars 2018
11h à 12h30

En dehors du dépistage du diabète gestationnel (DG) qui doit être effectué entre 24 et 28 semaines de grossesse, l’International Association of the Diabetes and Pregnancy Study Group (IADPSG) a proposé en 2010 une stratégie de dépistage dès la première consultation prénatale afin d’identifier les diabètes antérieurs à la grossesse. Ceci a également conduit à identifier une population que l’on qualifie actuellement de DG précoce, défini par une glycémie à jeun entre 0,92 g/L et 1,25 g/L à la première visite prénatale. Une prise en charge immédiate, intensive et identique à celle proposée en cas de DG tardif est recommandée.
Les équipes francophones ont suivi ces recommandations proposées par la SFD et le CNGOF. Elles ont observé une forte augmentation de la prévalence du DG et en particulier une augmentation des femmes avec DG dépisté précocement au sein de toutes les dysglycémies découvertes pendant la grossesse. Ces femmes avec DG précoce semblent parfois peu à risque et il semble parfois que  l’investissement de la prise en charge est  disproportionné.
Lors de cet atelier, nous discuterons avec vous  (i) de la meilleure stratégie à proposer pour identifier ces DG précoces : chez qui ? Comment ? Avec quel seuil ? et (ii) du bénéfice éventuel de la prise en charge. Il convient également de discuter si d’autres paramètres pourraient être utiles pour identifier les femmes les plus à risque en terme de morbidité materno-foetale notamment le dosage de l’HbA1c.

 

Anne Vambergue

 

DT1 et sport intense

 

avec Sophie Borot, Sylvia Franc et Jérôme Trublet (ultra-marathonien)

Mercredi 21 Mars 2018
11h à 12h30

Au cours de cet atelier, le Dr Borot, le Dr Franc et  M. Jérôme Trublet vous présenteront  les conseils et les étapes de préparation nécessaires à la pratique d'un sport d’endurance par les patients présentant un diabète de type 1. En prenant l'exemple d'un semi-marathon, ils vous détailleront les habitudes d'un sportif régulier et les recommandations du corps médical.

 

Sophie Borot

Sophie Borot est diabétologue au CHU de Besançon. Particulièrement impliquée auprès des patients diabétiques de type 1, elle a pour objectif d'aider les patients à pratiquer l'activité physique qu'ils souhaitent selon le but qu'ils se sont donné (perte de poids, performance, santé, loisirs...).

 

Sylvia Franc

Sylvia Franc est diabétologue au CH Sud-francilien et directeur médical du CERITD (centre d’études et de Recherche sur l’intensification du traitement du diabète). Elle très impliquée dans la prise en charge des patients atteints de diabète de type 1. Par ailleurs, elle est membre du groupe « sport et diabète » de la Société Francophone du Diabète et a conduit plusieurs travaux de recherche sur la thématique « sport et diabète 

 

Jérôme Trublet (ultra-marathonien)

Diabétique de Type 1 depuis l'âge de 6 ans, Jérôme Trublet est Président de l'association Union Sports & Diabète, infirmier et entraineur d'athlétisme FFA. Adepte de la course à pied, Jérôme participe aujourd'hui à des compétitions dîtes ultra, approchant les 200 kms. En quête d'optimisation de sa gestion du diabète en activité, il nous livre son expérience diabétique, diététique et sportive de ses premières foulées jusqu'à l'évolution ultra.

 

Nouvelles technologies et diabète, applications pour smartphone
qualité? contrôle? utilisation? (en partenariat avec SFD paramédicale)

avec Jacqueline Delaunay et Michael Joubert

Jeudi 22 Mars 2018
14h15 à 15h45

Les outils technologiques et numériques se développent rapidement dans tous les domaines d’activité humaine. Le monde de la santé est bien sûr également concerné, avec un foisonnement de nouvelles technologies et d’applications smartphone destinées notamment à faciliter la prise en charge des pathologies chroniques par l’implication des patients. Pour le diabète, ce sont des dizaines d’applications smartphones qui sont actuellement disponibles : carnets virtuels, logiciels compagnons, applications de télémédecine, ressources éducatives… Ces différentes ressources sont cependant de qualité diverse, avec des fonctionnalités qui ne sont pas adaptées à tous les patients et dont les contenus sont peu souvent validés scientifiquement. Comment s’y retrouver dans ce large choix d’applications ? Comment guider et accompagner  les patients dans l’utilisation de l’application la plus pertinente ? Comment intégrer ces nouvelles technologies à nos pratiques ? Quelles sont les limites de ces nouveaux outils ? Enfin quels sont les perspectives à plus ou moins long terme de ces nouveaux outils et les défis auxquels nous pouvons participer ? Toutes ces questions représentent les enjeux du virage numérique en train de s’opérer actuellement en diabétologie.

Jacqueline Delaunay

Jacqueline DELAUNAY, est diététicienne dans le service de Diabétologie, Maladies métaboliques et Nutrition du CHU de Toulouse. A  l’initiative de la création et mise au point de l’application mobile Mon Glucocompteur©, ses activités principales restent depuis de nombreuses années l’éducation thérapeutique, la télémédecine et la participation au développement d’outils et  logiciels éducatifs

 

Michael Joubert

Le Dr Michael Joubert est impliqué dans les nouvelles technologies du diabète depuis de nombreuses années, notamment dans le cadre du développement des pompes à insuline chez les diabétiques de type 2, des capteurs de glucose, de la télémédecine et des applications smartphones. Il est membre actif du groupe de veille technologique de la SFD qui publie régulièrement des mises au point sur les nouveaux outils numériques au service de la diabétologie.

 

Rencontre chercheur- clinicien: La médecine personnalisée du diabète

avec Philippe Froguel, Pierre Antoine Gourraud,  et  Jean Pierre Riveline

Jeudi 22 Mars 2018
14h15 à 15h45

Les technologies du numériques révolutionnent de nombreux domaines : de l’industrie aéronautique aux supermarchés. La santé dans son versant le plus crucial, le soin, est pourtant remarquablement résistante à ces changements même si on commence à mettre en avant la réalité d'une médecine nouvellement "personnalisée": une « ré-évolution » plutôt qu’une révolution?  A partir de sa propre recherche dans la sclérose en plaque menés entre Nantes et San Francisco, le prof PA Gourraud nous partage son expérience et questionne la polysémie de ce qu’il est convenu d’appeler la « médecine personnalisée »!

 

Pierre Antoine Gourraud

Pierre-Antoine Gourraud est professeur des universités, praticien-hospitalier de la faculté de médecine de l’université de Nantes (France) et professeur associé dans le département de neurologie de l’université de Californie à San Francisco (UCSF, Etats-Unis). C’est un ancien élève de l’école Normale Supérieure de Lyon (France) dans le domaine de la biologie moléculaire et cellulaire. Après un master de santé publique obtenu à l’université-Paris XI en 2002, il a obtenu un doctorat en épidémiologie immunogénétique et en santé publique à l’université de Toulouse-III en 2005. Il a déménagé aux États-Unis pour effectuer un séjour recherche postdoctorale en neuro-immunogénétique sur la sclérose en plaques à l’université de San Francisco (UCSF) ou il devient assistant professor en 2011. Auteur de plus de 110 publication, ses activités de recherche se positionnent au carrefour de l'immunologie, de la génétique et du traitement informatique des données de santé.

 

Pathologies rares de l’insulino-sécrétion et de l’insulino-sensibilité (Commun avec AJD)

avec Jacques Beltrand, José Timsit, et Corinne Vigouroux

Jeudi 22 Mars 2018
16h15 à 17h45

Cet atelier discutera des spécificités diagnostiques et thérapeutiques des pathologies qui entrent dans le périmètre du Centre de Référence National PRISIS « Pathologies Rares de l’Insulino-Sécrétion et de l’Insulino-Sensibilité », nouvellement labellisé par le ministère. Ce réseau, constitué du centre coordonnateur de l’hôpital Saint-Antoine à Paris et de 21 centres de compétence sur l’ensemble du territoire, vise à mettre en place un parcours de soins multidisciplinaire homogène pour tous les patients, enfants ou adultes, atteints de diabètes néonatals, de déficits insulino-sécrétoires monogéniques, de diabètes syndromiques, ou de syndromes d'insulino-résistance et/ou de lipodystrophie, congénitaux ou acquis. Ces maladies rares se caractérisent en effet par une transmission familiale, une évolution, un pronostic, des comorbidités et des complications spécifiques qui nécessitent une expertise médicale particulière. L’amélioration de la formation et l’élaboration de recommandations diagnostiques et thérapeutiques de ces maladies font partie des missions du réseau.
Les intervenants présenteront des cas cliniques permettant de discuter de ces maladies, de l’état des recherches sur leur physiopathologie, et des recommandations diagnostiques et thérapeutiques actuelles.
Le thème des syndromes lipodystrophiques sera abordé par Corinne Vigouroux, celui des diabètes monogéniques de l’adulte par José Timsit, tandis que Jacques Beltrand animera la discussion sur les diabètes rares de l’enfant.

 

José Timsit

José Timsit est diabétologue, Professeur des Universités - Praticien Hospitalier en Médecine Interne. Il exerce à l'hôpital Cochin, à Paris, où il anime un centre de compétence des Pathologies Rares de l'Insulino-Sécrétion et de l'Insulino-Sensibilité (PRISIS). Il est membre fondateur et participe à la coordination du Groupe d'Etude des Diabètes Monogéniques de la SFD.

 

Corinne Vigouroux

Corinne Vigouroux est endocrinologue, Professeur des Universités - Praticien Hospitalier en Biologie Cellulaire. Elle exerce à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, où elle coordonne le centre de référence des Pathologies Rares de l'Insulino-Sécrétion et de l'Insulino-Sensibilité (PRISIS). Elle mène ses activités de recherche au Centre de Recherche Saint-Antoine (Unité Inserm U938 - Sorbonne Université) dans l'équipe « Lipodystrophies génétiques et acquises » dirigée par le Pr Bruno Fève.

 

Diabète post-greffe

avec Lucy Chaillous et Marie-Christine Vantyghem

Vendredi 23 Mars 2018
9h à 10h30

LES IMMUNO-SUPPRESSEURS: UNE ARME à DOUBLE TRANCHANT - LE DIABETE POST-TRANSPLANTATION: UNE SONNETTE  D’ALARME - LE DIABETOLOGUE: UN MEDIATEUR PACIFIQUE!
Au cours de cet atelier, seront revus à partir de cas cliniques

  • la définition du diabète post-transplantation qui a récemment évolué
  • ses facteurs de risque
  • son dépistage pratique
  • ses spécificités thérapeutiques afin d’éviter les complications cardiovasculaires, de préserver le greffon, d’éviter une prise de poids et de conserver un très bon équilibre

 

Lucy Chaillous

Le Dr Lucy Chaillous est praticien hospitalier dans le service de Diabétologie du CHU de Nantes, centre dans lequel sont notamment pratiquées les transplantations de rein et de pancréas entier.

 

Marie-Christine Vantyghem

Le Pr Vantyghem, PU-PH au CHU de Lille, est investie de longue date dans le suivi endocrino-métabolique des transplantés et la thérapie cellulaire du diabète en lien avec l’unité INSERM 1190

 

 

 

Hypoglycémies: coût, conséquences et prévention

avec Lyse Bordier, Nicolas Chevalier, et Patrice Darmon

Vendredi 23 Mars 2018
9h à 10h30

L’intensification thérapeutique, dès lors qu’elle fait appel aux sulfamides, au répaglinide ou à l’insuline, expose les patients diabétiques à la survenue d’hypoglycémies modérées et/ou sévères, et celle-ci est généralement perçue comme « le prix à payer » pour un contrôle glycémique optimal. Au-delà de leurs conséquences médicales avérées (coma, convulsions, accidents de la route…) ou supposées (morbi-mortalité cardiovasculaire), ces épisodes iatrogènes constituent une source importante d’anxiété pour les patients et leur entourage, altèrent la qualité de vie, induisent des stratégies d’évitement (moindre observance, grignotage, inactivité) et peuvent devenir un frein à l’intensification thérapeutique. Chez le patient « fragile » et/ou âgé, comme le stipule la récente prise de position de la SFD, il est essentiel de privilégier des stratégies thérapeutiques visant à minimiser le risque d’hypoglycémie, notamment d’hypoglycémie sévère. Pour autant, même s’il est établi que les hypoglycémies peuvent induire des arythmies, le lien existant entre hypoglycémies sévères et morbi-mortalité cardiovasculaire n’est pas forcément causal, et pourrait seulement être le témoin d’une vulnérabilité sous-jacente. Enfin, les hypoglycémies sévères ont un impact médico-économique substantiel, à la fois en termes de coûts directs liés à la prise en charge de l’épisode aigu (services de secours, séjour aux urgences, hospitalisation…) et de coûts indirects, à court (arrêts de travail, baisse de la productivité) et à long terme (renforcement de l’auto-surveillance glycémique et du suivi infirmier et/ou médical).

 

 

Lyse Bordier

Lyse Bordier, professeur agrégé du val de Grâce,  chef du service d'endocrinologie et maladies métaboliques de l'hôpital d'instruction des armées Bégin à Saint Mandé.
Trésorière adjointe de la SFD.
Principaux sujets d'intérêt : le diabète du sujet âgé, la neuropathie diabétique.
A participé à la rédaction de la prise de position de la SFD pour la prise en charge du diabète de type 2.

 

Patrice Darmon

Pôle ENDO, CHU La Conception, Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille
Patrice Darmon est professeur de nutrition à l'Université d'Aix-Marseille, et praticien hospitalier spécialiste en endocrinologie, diabète et maladies métaboliques à l'Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM). Il est responsable d’une unité d’hospitalisation d’endocrinologie-diabétologie-nutrition au sein du pôle ENDO, au CHU La Conception. Il est président du CLAN (Comité de Liaison en Alimentation et Nutrition) de l’AP-HM. Il est membre de l'unité NORT (Nutrition, Obésité et Risque Thrombotique - INSERM 1062, INRA 1260, Aix-Marseille Université). Ses principaux centres d’intérêt, en clinique comme en recherche, sont le diabète de type 2 et l’anorexie mentale.

 

Diabète et législation : assurance, droit du travail, permis de conduire
(en partenariat avec FFD et Fenarediam)

avec Sylvie Picard et Sophie Trilleaud

Vendredi 23 Mars 2018
11h à 12h30

Au-delà des contraintes quotidiennes de traitement et d’auto surveillance, le diabète peut engendrer des difficultés dans la vie quotidienne tant sur le plan professionnel que social.
Les problématiques les plus courantes qui seront abordées dans cet atelier sont le permis de conduire et l’obligation de déclaration du diabète, l’accès aux assurances, ainsi que l’accès et le maintien dans l’emploi.
Le diabète fait partie des >40 affections théoriquement incompatibles avec la conduite des véhicules légers (groupe 1) ou lourds (groupe 2). La loi de 2012 est devenue plus restrictive pour le groupe 1 mais plutôt plus permissive pour le groupe 2, la conduite devenant possible mais étant néanmoins soumise à l’avis du médecin du travail. Tout individu ayant un traitement pouvant induire des hypoglycémies et/ou ayant des complications pouvant altérer la conduite (rétinopathie, neuropathie, complications cardiovasculaires) doit consulter un médecin expert (liste sur internet) qui statuera sur ses possibilités de conduite pour une durée maximale de 5 ans (groupe 1) ou 3 ans (groupe 2) pour les sujets de moins de 60 ans (2 ans et 1 an respectivement entre 60 et 75 ans, 1 an au-delà). En réalité, en l’absence de complications, l’autorisation est généralement accordée sauf s’il y a eu 2 hypoglycémies sévères diurnes (1 pour le groupe 2) sur un délai de 12 mois (retrait immédiat du permis) et/ou non perception des hypoglycémies. Ne pas déclarer ces faits serait assimilé à une fausse déclaration induisant la nullité du permis et donc de l’assurance exposant à des amendes mais aussi à des conséquences financières désastreuses en cas d’accident.


Sylvie Picard

Spécialiste en endocrino-diabétologie (ancienne assistante des Hospices Civils de Lyon, chef de clinique) et Docteur ès Sciences.
Après une scolarité à Chambéry et des études de médecine à Lyon (lauréate de la Faculté de Médecine Laënnec) suivies d’un séjour de 2 ans aux Etats-Unis (San Diego) pour travailler sur l’oxydation des lipoprotéines, elle est installée depuis 1996 en pratique libérale à Dijon avec une activité centrée sur le diabète de type 1, le traitement par pompe à insuline et la mesure du glucose en continu.
Avec également une longue expérience dans la traduction et la rédaction médicale en diabétologie, elle est membre de plusieurs comités d’experts et auteur de nombreux articles dans des revues internationales et elle est depuis 2017 responsable éditorial de la « Newsletter » mensuelle de la SFD et coresponsable du compte Tweeter de la SFD.

 

Sophie Trilleaud

Sophie TRILLEAUD, 37 ans, est titulaire d’un Diplôme Universitaire en Sciences Juridiques et spécialisée en droit du travail. Conseillère sociale et juridique à la Fédération depuis 2004, elle a acquis une connaissance fine et pointue sur les problèmes sociaux et juridiques que rencontrent les personnes atteintes de diabète :

  • droits auprès de la Sécurité sociale,
  • invalidité,
  • aides délivrées par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées,
  • Permis de conduire,
  • Maintien dans l’emploi ou accès au travail,
  • Assurance.

Son rôle est d’écouter, d’informer et de conseiller, sur les questions sociales et juridiques, les personnes concernées par le diabète, de suivre les contentieux soumis à la Fédération, produire une information sociale et juridique fiable et validée et former les professionnels de santé et les personnes concernées par le diabète.
Sophie Trilleaud, en étant en charge du service social et juridique permet à la Fédération de mener à bien son rôle de défense individuelle des droits des patients.

 

DÉCOUVREZ LES SESSIONS PLÉNIÈRES

 

Plenière Nantaises

Mardi 20 Mars 2018
15h45 à 17h15

La spectrométrie de  masse et le métabolisme: une histoire sans fin ?

avec Michel Krempf

L'objectif de cette présentation est de présenter les liens étroits entre les progrès de des sciences physiques et la progression des connaissances médicales pour les pathologies métaboliques. La détection et la mesure précise de nombreux métabolites plasmatiques avec la spectrométrie de masse ont permis de mieux identifier les mécanismes physiopathologiques à l'origine des perturbations observées dans le diabète ou d'autres affections métaboliques. En particulier, la mesure quantitative d'isotopes stables dans des molécules traceuses a ouvert encore plus le champ d'exploration cinétique du métabolisme alors limité par le danger lié aux isotopes radioactifs. Des exemples concernant la progression des connaissances acquises avec cette technique d'exploration en lien avec les progrès techniques des spectromètres de masse seront présentés. Une dernière illustration sera abordée avec l’essor de la protéomique et/ou métabolomique pour l'identification de nouveaux biomarqueurs de risque.

Michel Krempf Le Pr Michel Michel Krempf est PU-PH au CHU de Nantes où il enseigne la nutrition et les pathologies métaboliques. Son activité de recherche est orientée sur l'exploration in vivo du métabolisme chez l'homme avec des traceurs stables et l'analyse par spectrométrie de masse. L'essentiel de ses travaux concerne le risque vasculaire en lien avec le diabète et/ou les perturbations du métabolisme lipidique. Sa principale contribution a porté sur le métabolisme lipidique avec l'identification et les mécanismes d'action de PCSK9 en lien avec des perturbations d'origine génétique. Il a été Chef de Service du service d'Endocrinologie, Maladie métaboliques et Nutrition du CHU de Nantes, directeur du Centre de Recherche en Nutrition Humaine Ouest et a occupé de nombreuses fonctions d'expertises scientifiques (Inserm, ANR,HCERES) ou médicales (HAS). Il a été président du Collège National des Enseignants de Nutrition et de la Nouvelle Société Française d'Athérosclérose.

 

De la dysfonction adipocytaire à la cardiomyopathie: de la souris lipodystrophique à la clinique

avec Xavier Prieur

L’obésité est associée à une dysfonction adipocytaire qui joue un rôle central dans le développement des maladies métaboliques et en particulier du diabète de type 2 (DT2). La lipodystrophie congénitale généralisée de Berardinelli-Seip (BSCL) représente une forme extrême de dysfonction adipocytaire et se caractérise par une absence quasi généralisée de tissu adipeux et une insulinorésistance sévère. La BSCL est due dans 50% des cas à une mutation dans le gène Bscl2 qui code pour  la “ seipine ”. La seipine est une protéine du reticulum endoplasmique (RE) fortement exprimée dans le tissu adipeux et le cerveau et dont la fonction demeure mal connue. Du fait de son implication dans la BSCL, la seipine jouerait un rôle central dans l’homéostasie adipocytaire.
Nous avons montré que les souris Bscl2 KO sont lipodystrophiques, insulinorésistantes et un défaut de thérmogénèse. Nos travaux cellulaires ont mis en évidence que l’absence de seipine entrainait un stress cellulaire et une mort des adipocytes matures contribuant ainsi à un perte de tissu adipeux. De plus, nous avons mis en évidence que les souris Bscl2 KO présentaient une dysfonction diastolique. Cette cardiomyopathie était  causée en partie par une surcharge glucidique et peut être partiellement corrigée par un traitement par un inhibiteur de SGLT2.
La déficience en seipine est donc un modèle original de déficience adipocytaire per se qui nous a notamment permis de souligner l’importance de la glucotoxocité dans la cardiomyopathie associée au DT2. Dans le futur, la découverte de la fonction de la seipine nous permettra de mieux comprendre les voies impliquées dans la dysfonction adipocytaire.

Xavier Prieur

J’ai effectué une thèse sur l’Apolipoprotéine A5, un déterminant clé des niveaux de triglycérides circulants, à l’université Pierre et Marie Curie, sous la direction de John Chapman.  J’ai ensuite rejoint l’institut de sciences métaboliques (IMS) à Cambridge, dirigée par le Pr Stephen O’Rahilly où je me suis d’abord intéressé à l’effet de la leptine sur le métabolisme des lipoprotéines. Toujours à l’IMS, j’ai rejoint l’équipe du Pr Antonio Vidal-Puig dont les travaux ont mis en évidence que la limite d’expansion du tissu adipeux était un déterminant dans le développement des maladies métaboliques associées à l’obésité. Dans ce laboratoire j’ai mis en évidence la présence de cellules spumeuses dans le tissu adipeux et leur impact sur l’insulinoresistance. En 2009 j’ai rejoins l’équipe du Pr Bertrand Cariou à l’ l’institut du Thorax à Nantes, où je conduit des travaux sur dysfonction adipocytaire et maladies métaboliques.

 

Prix Roger Assan

Mercredi 21 Mars 2018
9h à 10h15

 

Contrôle glycémique ou cardio-protection : vers un changement de paradigme dans le choix des antidiabétiques ?

avec Ronan Roussel

Mercredi 21 Mars 2018
16h15 à 17h15

Ronan Roussel est diabétologue, chef du service de Diabétologie-Endocrinologie-Nutrition de l'hôpital Bichat, Professeur à l'université Paris 7 Denis Diderot, et directeur de l'équipe "Pathophysiologie et thérapeutique des complications vasculaires et rénales du diabète et de l'obésité" à l'INSERM U1138, Centre de Recherche des Cordeliers. Ingénieur de l'Ecole Polytechnique en 1994, Ronan Roussel a soutenu sa thèse de science (biophysique) en 1998 à l'université Paris 6 et sa thèse de médecine en 2003 à l'université Paris 11. Sa recherche porte sur les causes des complications du diabète, les innovations notamment technologiques dans l'estimation du risque individuel et la prévention primaire et secondaire des complications, ainsi que l'évaluation des approches thérapeutiques dans le diabète. Ronan Roussel a publié plus de 170 articles originaux

 

Prix Auguste Loubatières

Jeudi 22 Mars 2018
9h à 10h00

 

Impact du microbiote sur le métabolisme - vers un nouveau traitement du diabète?

avec Patrice Cani

Vendredi 23 Mars 2018
12h30 à 13h30

Tout d’abord caractérisé comme étant un simple spectateur de notre intestin, le microbiote intestinal est aujourd’hui associé à de nombreuses situations physiopathologiques liée à l’obésité, au diabète ou encore aux maladies cardiovasculaires et au cancer.
Au cours de ces deux dernières décennies de nombreuses études ont démontré que le microbiote était un facteur environnemental clé impliqué à part entière dans le métabolisme de son hôte humain. Depuis nos premiers travaux sur les prébiotiques (années 2000), ou encore suite à la découverte de l’endotoxémie métabolique (publiée en 2007) de nombreuses études ont contribué à élucider certains des mécanismes expliquant comment les bactéries intestinales, leurs activités métaboliques ou encore leurs métabolites contribueraient de façon délétère ou au contraire bénéfique à l’amélioration de l’homéostasie glucidique.
Parmi les candidats potentiels, le rôle d’Akkermansia muciniphila est actuellement investigué et sera discuté. L’exposé vise à présenter et discuter les dernières avancées scientifiques expliquant comment cette bactérie ou certains de ses constituants dialoguent avec notre système immunitaire et notre organisme et influence notre métabolisme. De nouveaux résultats expérimentaux obtenus chez l’animal de laboratoire mais également étayés de travaux réalisés chez l’homme seront exposés.
Ce travail est supporté par : ERC Starting Grant ENIGMO, ERC PoC 2016, le fond Baillet-Latour « Grant for Medical Research 2015 », WELBIO-CGR-2017 et la Région Wallonne (DG06).

Patrice Cani

Le professeur Patrice D. Cani est maître de recherche du Fonds pour la Recherche Scientifique (FRS-FNRS) et leader d’une équipe labélisée WELBIO (Institut wallon de recherche d’excellence dans les domaines des sciences de la vie) à l’Université catholique de Louvain (UCL), Bruxelles, Belgique. Depuis 2010 Il est visiting Professor à l’Imperial College London (UK) et aussi co-directeur du laboratoire européen associé « NeuroMicrobiota Lab » (INSERM Toulouse / UCL).
Le Dr Cani est bénéficiaire d’un European Research Council (ERC) starting grant (ENIGMO) en 2013, et d’un ERC PoC en 2016. Il est le lauréat du « grant for medical research 2015 » du Fonds Baillet-Latour, et a reçu le prix international de physiologie Professeur Lucien Dautrebande en 2016.
Il est également membre associé de l’Académie Royale de Médecine de Belgique, Alumni de l’Académie Royale des Sciences de Belgique et membre fondateur de la « Belgian Nutrition Society ».
Auteur et co-auteur de plus de 200 publications scientifiques et chapitres de livres (h-index : 65, >17650 citations), ses centres d’intérêts principaux concernent l’étude des interactions entre le microbiote intestinal, l’hôte et les systèmes biologiques dans le contexte de l’obésité́, l’inflammation, le diabète, et les risques cardiométaboliques. Il est à l’origine de la co-découverte de l’endotoxémie métabolique (publiée en 2007) et des rôles importants joués par une bactérie intestinale appelée Akkermansia muciniphila.